Texte : Cécile Rouquié
Réalisation : Cécile Rouquié, ESI 2006
Durée : 9min
Le Crapaud Méticuleux et le Ouistiti Ravagé
Il était, dans une lointaine et terrestre contrée, un crapaud méticuleux et un ouistiti ravagé.
L’un comme l’autre était porteur de mémoire, l’un avec ses pinceaux, l’autre avec son arrosoir.
L’un écrivait, l’autre chantait, et bien que de méthodes différentes, chacun des deux dansait.
Alors que le ouistiti disait "Il faut écrire !", le crapaud, lui, préférait se souvenir.
Le ouistiti était jour, pour écrire l'histoire à la lumière éclairée, le crapaud était nuit, pour faire sortir les ombres sombres du passé.
Départager les deux allait être dur, et ce conte relate la bataille du clair-obscur.
Pour savoir qui des deux avait raison, ils voulurent laisser les gens juger à leur façon.
Le ouistiti loin d'ici, la foule du Panthéon le jugerait, le crapaud dans sa cabane, les habitués viendraient.
Le voyage jusqu'à Rome fut dur, mais il est clair qu'il en valait la facture.
Le ouistiti attendit la lumière pour étaler ses rouleaux, et dès qu'il fut prêt sortit sabre et pinceaux.
Pointe et encre, par petits gestes vifs et précis, sur les vieilles pierres il griffa, sur les rouleaux il peignit.
Lorsque la transe toucha à sa fin, il reprit simplement son chemin.
Comme il ne s'intéressait qu'à l'Histoire, il n'avait pas tout noté, et son histoire à lui, pourquoi il est parti, il avait tout oublié.
Quant à notre crapaud, qui était un peu maniaque, comme d'habitude attendit le soir pour créer sa flaque.
Il créa un lac avec son arrosoir, et sortit son briquet pour qu'on pût le voir.
Et de sa voix claire, et de sa danse sur l'onde saccadée, faisant sonner ses bracelets, fit ressurgir les histoires du passé.
Mais ce qu'il n'avait pas vu ou même soupçonné, ce qu'il ne connaissait pas, il ne pouvait le conter.
L'un allait sans s'arrêter, l'autre restait dans le passé.
A force d'écrire, on oublie de se souvenir.
Mais à trop raconter, on oublie d'avancer.
Il était, dans une lointaine et terrestre contrée, un crapaud méticuleux et un ouistiti ravagé.
L’un comme l’autre était porteur de mémoire, l’un avec ses pinceaux, l’autre avec son arrosoir.
L’un écrivait, l’autre chantait, et bien que de méthodes différentes, chacun des deux dansait.
Alors que le ouistiti disait "Il faut écrire !", le crapaud, lui, préférait se souvenir.
Le ouistiti était jour, pour écrire l'histoire à la lumière éclairée, le crapaud était nuit, pour faire sortir les ombres sombres du passé.
Départager les deux allait être dur, et ce conte relate la bataille du clair-obscur.
Pour savoir qui des deux avait raison, ils voulurent laisser les gens juger à leur façon.
Le ouistiti loin d'ici, la foule du Panthéon le jugerait, le crapaud dans sa cabane, les habitués viendraient.
Le voyage jusqu'à Rome fut dur, mais il est clair qu'il en valait la facture.
Le ouistiti attendit la lumière pour étaler ses rouleaux, et dès qu'il fut prêt sortit sabre et pinceaux.
Pointe et encre, par petits gestes vifs et précis, sur les vieilles pierres il griffa, sur les rouleaux il peignit.
Lorsque la transe toucha à sa fin, il reprit simplement son chemin.
Comme il ne s'intéressait qu'à l'Histoire, il n'avait pas tout noté, et son histoire à lui, pourquoi il est parti, il avait tout oublié.
Quant à notre crapaud, qui était un peu maniaque, comme d'habitude attendit le soir pour créer sa flaque.
Il créa un lac avec son arrosoir, et sortit son briquet pour qu'on pût le voir.
Et de sa voix claire, et de sa danse sur l'onde saccadée, faisant sonner ses bracelets, fit ressurgir les histoires du passé.
Mais ce qu'il n'avait pas vu ou même soupçonné, ce qu'il ne connaissait pas, il ne pouvait le conter.
L'un allait sans s'arrêter, l'autre restait dans le passé.
A force d'écrire, on oublie de se souvenir.
Mais à trop raconter, on oublie d'avancer.

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