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vendredi 6 février 2009

Salle des Mots n°1, Retranscription





Une pièce blanche rectangulaire de six mètres de large sur douze mètres de long. Une jeune fille prend une photo. Sur la gauche face à ce mur, une porte, ouverte ou fermée selon que les gens entrent ou sortent. Tous les mètres cinquante sur ce mur, des barres transversales en bois ou en scotch cachent les séparations des plaques de bois qui constituent les parois de la pièce. Un homme et une femme, puis une jeune fille, entrent dans la pièce. La jeune fille reste à la porte. Les deux autres personnes parcourent une courbe pour venir regarder les mots qu’une jeune fille vêtue de noir est en train de tracer au [mur,] parfois des coulées d’encre tombent du pinceau, coulent sous les lettres sur le mur. En écrivant, la jeune fille trace des lignes invisibles sur le sol. Le mur est granuleux. Au milieu de ce mur, à quelques centimètres du sol, une prise téléphonique, dont le boîtier de protection est abîmé. A un peu plus d’un mètre sur sa droite en regardant le mur, une prise courant, dont l’applique est également abîmée. Au coin droit de ce mur, une planchette de bois court du sol jusqu’au plafond. Le long du plafond, sur le mur vertical court également une fine planche de bois, ou bien une pièce métallique. A certains endroits sous la peinture blanche, des traces de griffures, des trous rebouchés. Le mur n’est pas complètement [blanc]. On peut apercevoir à certains endroits des traces, des salissures auxquelles viennent s’ajouter les mots et les coulures d’encre. Le long de ce mur, le sol s’est recouvert de tâches. La salle est vide, à l’exception de la jeune fille en noir. On peut entendre les bruits de l'extérieur, des jeu[nes] qui crient, des bruits de ballon, une portière qui claque. De la salle rectangulaire aux murs de moins [en moins] blancs, ne sont émis que les bruits du pinceau qui frotte sur le mur et les déplacements de la jeune fille en noir qui écrit.



La jeune fille s’est déplacée pour faire face au mur blanc situé à côté du mur recouvert de mots. La pièce est plus petite en réalité que les mesures indiquées sur le mur à la gauche de ce mur lorsqu’on le regarde en face. Ce mur présente à sa gauche lorsqu’on le regarde en face, une porte peinte en blanc. Une autre porte se trouve à son extrémité droite. A côté de la porte à gauche, à sa droite, se trouve une fenêtre condamnée. Le haut de cette fenêtre, peinte en blanc, correspond, est aligné avec le haut de la porte. Le bord inférieur de la fenêtre est à environ un mètre soixante du sol. Elle fait environ soixante centimètres de hauteur et un mètre de long. Une jeune fille entre, s’adresse à la jeune fille en noir. La jeune fille qui vient d’entrer dans la salle décrit en marchant quelques courbes dans la salle aux murs de moins en moins blancs. La jeune fille s’arrête à un point donné de sa trajectoire. Tout en prenant des photos elle parle. Puis elle ressort. A droite de ce mur, en le regardant en face, il y a, à la gauche de la porte qui s’y trouve, une colonne à base rectangulaire, qui monte du sol jusqu’au plafond. Alors que la jeune fille continue à remplir le mur de mots, la pièce s’assombrit. Quelqu’un parle au téléphone. Alors que la jeune fille en noir écrit ses mains deviennent noires. La porte à gauche de ce mur en lui faisant face s'entrouvre, puis se referme. La pièce est vide à l’exception de la jeune fille en noir qui écrit sur les murs, son pinceau, sont seau d’encre, et les murs qui se recouvrent de mots, de la description de la salle. La porte s’ouvre. Deux personnes entrent, marchent quelques pas, s’arrêtent et regardent les murs. Ce mur comporte des trous, comme le mur qui se trouve à sa gauche lorsqu’on lui fait face. A gauche de la porte droite, ainsi qu’à droite de la porte gauche, en étant face à ce mur, se trouve des interrupteurs. A côté de la colonne dans le mur à droite de ce mur en lui faisant face, quelqu’un a posé une bouteille d’eau sur le sol. Près de cette bouteille, le sol est constellé de tâches d’encre. Il y en a tout le long de ce mur, ainsi que tout le long du mur à gauche de celui-ci, gouttes qui tombent du pinceau gorgé d’encre, comme la jeune fille en noir écrit. Une jeune fille entre, pose une question, fait quelques pas rapides dans la salle, puis ressort rapidement. La jeune fille en noir ne répond pas. Elle continue à écrire la description de la pièce sur les murs de la pièce. A certains endroits du mur, on peut voir des empreintes de chaussures. La jeune fille en noir est maintenant à genoux pour écrire sur le bas de ce mur. L’encre des mots du bas de ce mur semble plus claire, légèrement, que celle des mots écrits en haut de ce mur. Au bas de ce mur, une plinthe. Au bas des portes des renforts en fer. Ce mur est maintenant couvert de mots. La



jeune fille a pris le seau, et a effectué une trajectoire courbe pour faire face à ce mur, situé à la droite de celui sur lequel elle vient de finir d’écrire. Ce mur est coupé en sections d’un peu plus d’un mètre dans le sens vertical. A gauche de ce mur en lui faisant face, la séparation est cachée par une barrette de bois dont la base est un rectangle d’environ un centimètre sur deux. Ce mur est, comme les deux autres déjà recouverts de mots, plein de petits reliefs et de petits trous camouflés par la peinture blanche. De l'extérieur de la pièce vient un léger brouhaha, un bruit sourd d’objet qui tombe, une porte qui se ferme, la sonnerie d’un camion qui recule. Les coulures d’encre sont de plus en plus nombreuses sur le mur, et le sol est de plus en plus constellé de tâches noires le long de ce même mur. Ce mur est maintenant à moitié rempli de mots. La pièce continue à s’assombrir. Une personne entre, parle, prend des photos, puis quitte la pièce. Une autre personne ouvre la porte, créant un léger courant d’air. Elle entre dans la pièce si[len]cieusement, fait quelques pas, s’arrête. Sur le côté gauche de ce mur en lui faisant face, quelques lettres sont déjà inscrites, débordant du mur de gauche. Le camion à l'extérieur a stoppé sa sonnerie de recul. Une personne entre dans la salle, s’adresse à la personne toujours présente dans la salle, laquelle répond. La deuxième personne entrée marche rapidement puis sort. Ce mur est désormais couvert de mots, noirs.



L’homme, présent dans la pièce sort discrètement. La jeune fille en noir a désormais la perche à bout de bras, et écrit au plafond. L’encre comme elle écrit, tombe en grosses gouttes sur ses bras, ses cheveux, son visage. Petit à petit, comme les murs de la pièce, elle se recouvre de noir. Une jeune fille entre, fait quelques pas rapides, s’arrête, prend quelques photos se déplace à nouveau, à nouveau quelques photos, puis sort de la salle, ferme la porte. La perche rouge de la jeune fille en noir se couvre de coulures, devient noire, comme les mains qui la tiennent. Le plafond est recouvert de papier, sur lequel les mots qui recouvrent petit à petit le plafond sont écrits. Il y a trois rangées de trois lampes, composées de deux tubes chacune. Après avoir fini la ligne de texte précédente, la jeune fille en noir a déplacé son seau d’environ un mètre cinquante en l’écartant du mur, en ligne droite perpendiculaire au mur. Une femme a ouvert la porte la plus éloignée de ce coin de plafond. L’autre porte semble condamnée. Par endroit dans le plafond, dépassent de petits crochets en fer, il y en a un au début de cette ligne de texte, entre les mots autre et petits. Une femme ouvre la porte, pose une question, entre. Elle fait quelques pas pour traverser la salle, et vient se poster près du mur le plus éloigné de la porte qui s’ouvre, derrière la jeune fille en noir qui écrit. Une jeune fille entre de façon bruyante, parle, rapidement se déplace dans la salle pour prendre des photos puis repart. En partant, elle claque la porte. Le temps d’un silence, deux autres jeunes filles entrent, parlent, ressortent. La jeune fille de plus en plus noir continue à écrire au plafond. La femme placée dans le dos de la jeune fille de plus en plus noire, se dirige vers la porte et sort. Les mots continuent à apparaitre au plafond. Ligne après ligne. L’écriture est de moins en moins régulière. Il fait de plus en plus sombre. Le plafond est à moitié rempli de mots. Une jeune fille à casquette ouvre la porte, s’exclame, parle à la jeune fille de plus en plus noire. La jeune fille de plus en plus noire répond quelques mots tout en continuant à écrire au plafond, puis se tait. La jeune fille à la casquette observe encore un peu depuis la porte, puis s’en va, fermant la porte. La lumière tombe de plus en plus. Au moment de passer à la ligne, la jeune fille a avancé le seau d’encre d’un mètre ou deux, sur la mê[me] droite perpendiculaire au mur qui se trouve dans le dos de la jeune fille de plus en plus noire. Une jeune fille ouvre la porte, pose une question, fait quelques pas dans la pièce, regarde le mur auquel la jeune fille de plus en plus noire fait face, puis ressort. La jeune fille presque en noire trébuche sur le seau d’encre, lequel ne se renverse pas. Par endroit dans le plafond, les crochets gênent la progression du pinceau, ainsi que les lampes et les barres transversales se trouvant sous le papier. Un groupe de personnes ouvrent la porte, entrent, chuchotent, puis se taisent. On peut entendre des bruits de pas, des bruits de papier, quelqu’un qui tousse, un déclic d’appareil photo. Les gens sortent un par un de la pièce. Certains sont restés, tandis qu’à nouveau un groupe rentre dans la pièce. A la droite du plafond, dans le sens de la lecture, et presque au dessus de la porte, un défaut dans le papier permet de voir qu’il y a un trou dans le plafond. Petit à petit, la salle se vide, petit à petit la lumière diminue. La jeune fille en noir est maintenant seule, et le plafond



est recouvert de mots. Quelqu’un ouvre la porte mais n’entre pas, puis entre au bout de quelques secondes. Une autre personne la suit, silencieusement. Une troisième personne entre, parle avec la première personne. Le seau est situé à environ deux mètres cinquante du mur qui nous fait face quand on lit ces lignes. Il y a encore moins de lumière que précédemment. Le sol est recouvert d’un tissu léger et transparent. Le sol est constitué de dalles en plastique d’un gris très clair avec des petites traînées noires. Il est aussi re[couvert] de tâches de peinture par endroits. Le revêtement de tissu est lui aussi couvert de tâches. Ce sont les gouttes d’encre qui sont tombées du pinceau lorsque la jeune fille en noir a écrit sur les murs et le plafond. Un homme a ouvert la porte et est entré dans la salle très sombre aux murs, au plafond, recouverts de la description de la salle. La description couvre aussi maintenant une partie du sol. L’homme est situé à l’opposé de la porte, puis longe le mur, le long des pans de papier jusqu’au coin, s’arrête, regarde. La salle s’assombrit très vite, il n’y aura bientôt plus rien à voir. On peut entendre quelques voitures qui passent, un bruit de tabourets qui raclent le sol, des éclats de rire. L’homme se déplace sans bruit jusqu’à la porte, l’ouvre doucement. Un jet de lumière passe par la porte. L’homme s’arrête, laissant la porte ouverte, un temps, puis referme la porte. Il fait maintenant très sombre. De fins traits de lumière se dessinent sur le contour des deux portes de la pièce, et de la fenêtre condamnée, sur le mur à gauche lorsqu’on lit ses lignes. Le sol est à moitié couvert de mots. La salle dans la pénombre devient illisible. Une jeune fille entre dans la pièce, prend une photo au flash, puis une autre. Il fait noir. La jeune fille qui vient d’entrer et la jeune fille maintenant complètement noire quittent la salle. La lumière est à nouveau là. La jeune fille en noire entre dans la salle, et se remet à écrire sur le sol. Les trois quarts du sol sont recouverts de mots. Un jeune homme a suivi la jeune fille en noire dans la pièce qui continue à se remplir de mots. Il se déplace beaucoup dans la pièce et prend des photos. Il parcourt les quatre coins de la pièce, s’accroupit, se relève, tout en prenant des photos. Il éternue, se mouche, marche vers la porte, et sort. La jeune fille en noir continue à écrire. Plus elle se rapproche du mur qui est derrière elle, plus la salle se remplit de mots. Le sol est ici plus qu’à l’opposé constellé de tâches d’encre tombées des mots écrits au plafond. Ces tâches disparaissent sous les mots que la jeune fille en noir continue à écrire. Le jeune revenu continue à prendre des photos. Le sol est maintenant recouvert de noirs mots.

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