La Salle des Mots est à la fois une performance, celle de remplir une salle de mots, mais aussi une pièce évolutive, à voir plusieurs fois dans le temps, dont les mots sur les parois s’effacent petit à petit.
La pièce de départ est vide, du moins autant qu'elle peut le paraître. Le texte qui remplit la salle n'est autre que la description elle-même de la pièce. Chaque paroi est comme une page, elles se remplissent les unes après les autres en un flot continu, le texte n'étant pas préparé à l'avance. Puis celui-ci disparaît.
Quelle perception a-t-on d’un espace rempli de mots ?
La description de la salle sur ses propres murs donne-t-elle à voir la salle, ou l’efface-t-elle ?
La Salle des Mots écrase presque le spectateur par la présence du texte. Une salle entièrement recouverte de textes noirs manuscrits, au trait assez épais. Sol, murs, plafond. Il faut chercher plus loin que la matière du texte, aller chercher les mots eux-mêmes. Une fois l’effort de lecture fait, les gens prennent conscience de la salle, y font attention plus que lorsque celle-ci était vide et n’avait pas pour but de s’exposer. Le mot a donc un rôle de révélateur, en tout cas un rôle de reconnaissance. Mais il n’est pas évident de lire le contenu dans son entier, car cette immersion peut être physiquement déstabilisante. Les gens ont plutôt tendance à saisir quelques mots ici et là, à lire en diagonale, à survoler, un peu comme l’attitude de lecture que l’on peut avoir face à son écran d’ordinateur.


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